Schauder, Claude

Transgression précoce et mémoire du corps - 2005.


86

On sait la profondeur des marques ou les cicatrices douloureuses jamais complètement refermées, voire les mutilations, que laissent maintes transgressions des limites du corps de l’enfant, y compris quand celles-ci n’entraînent pas de lésion anatomique. Mais par quel mécanisme le corps en garde-t-il la mémoire et en conserve-t-il l’empreinte invalidante ? Comment le sujet reprend-il à son compte et perpétue-t-il les effets de ces viols ou violences quand aucune séquelle objective n’en signale plus la réalité ou quand les faits datent d’un temps si précoce dans la vie du nourrisson qu’il est difficile de lui reconnaître le statut de sujet ? Voilà quelques unes des questions que le cas d’Alexis nous permet de retravailler à la lumière de quelques éléments de la théorie de l’image inconsciente du corps de Françoise Dolto. We know how deeply a child’s body is marked and how hurtful remain scars that never completely heal when the integrity of his body has been broken into, even if there aren’t any anatomical injuries. But what are the processes which underly the memorisation of such disabling imprints ? How does a subject take upon himself and perpetuate the effects of rape or violence when there is no visible proof or when the facts occurred so early in the infant’s life that it is difficult to establish his status as a subject. These are some of the questions that Alexis’case allows us to reconsider in the light of theoretical elements provided by Françoise Dolto’s Unconscious Body Image.