Ferrière, Mathieu
Les principales critiques de la théorie du choix rationnel
- 2011.
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La théorie du choix rationnel domine actuellement le champ économique : l’action individuelle y est supposée fondamentalement instrumentale (l’agent cherche le meilleur moyen d’atteindre une fin donnée) et repose sur un calcul permettant de maximiser la satisfaction de l’individu. Mais, depuis les travaux pionniers de Gary Becker1, on assiste à une incursion croissante de l’économie dans des champs jusque-là réservés à la sociologie : famille, délinquance, éducation... Ainsi, la théorie du choix rationnel peut apparaître comme un outil au service d’un certain impérialisme économique, visant à unifier les sciences sociales sous la bannière de l’économie2. Elle a donc suscité chez les sociologues un grand nombre de critiques3. Mais les critiques sont aussi venues de certains économistes, que l’on pourrait qualifier d’hétérodoxes, qui ont jugé cette conception de l’action humaine insuffisante pour rendre compte de manière satisfaisante des comportements de l’agent économique. Ces critiques et théories alternatives ne constituent pas une réponse unifiée à la théorie du choix rationnel, voire se révèlent parfois contradictoires. Il s’agira donc de présenter les principales critiques adressées à la théorie du choix rationnel, en tentant d’ordonner et de lier entre elles ces différentes analyses.