Travailleuses domestiques « sans papier » en Suisse : comment s’en sortir, rester et résister ?
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Dans un contexte de grande précarité et d’isolement, des travailleuses domestiques sans statut légal arrivent à supporter leur travail, s’y investissent et parviennent à en retirer une certaine satisfaction. Elles réussissent à définir des conditions de travail acceptables et à les négocier, du moins dans une certaine mesure, avec les personnes qui les emploient. Cet apprentissage s’acquiert dans un « collectif de travail différé », c’est-à-dire un lieu où peuvent s’élaborer des échanges informels entre pairs. Le sentiment de satisfaction au travail s’explique par la manière dont les travailleuses domestiques se situent dans leur trajectoire migratoire en se comparant à des personnes moins bien loties qu’elles et par l’attribution de sens à leur vécu et aux événements auxquels elles sont confrontées.
Working in precarious and isolated situations, undocumented domestic workers manage to endure their tasks, and to commit themselves quite seriously, arriving at certain forms of fulfillment. To a certain extent, they even succeed in defining and negotiating their working conditions with their employers. This learning process is acquired in a « deferred workers’ collective », that is, through informal exchange among peers. The feeling of fulfillment can be explained by the manner in which domestic migrant workers perceive their migration histories as compared to other migrant workers who are less fortunate than they, and by the ways in which they attribute meaning to their experiences and to the various situations which they have to deal with.
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