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Les vies du « trésor de Ségou »

Par : Type de matériel : TexteTexteLangue : français Détails de publication : 2018. Sujet(s) : Ressources en ligne : Abrégé : Lors de la prise de Ségou (Mali actuel) en avril 1890, le corps expéditionnaire dirigé par Louis Archinard (1850-1932) saisit une grande quantité d’objets précieux et de livres appartenant à ce que l’on appelle alors le « trésor d’Ahmadou ». Assez rapidement, une commission fut mise en place pour décider du destin à donner aux différentes pièces collectées durant la campagne. Plusieurs caisses d’objets variés furent expertisées à l’époque, d’abord sur place. Artefacts et livres furent alors catégorisés, dispersés et classés en fonction de leur valeur artistique et ethnographique supposée. La collection fut exposée dans différentes institutions françaises en fonction des significations successives qu’on lui assigna, jusqu’à disparaître dans les réserves du Musée des Arts d’Afrique et d’Océanie. Cet article analyse ce que la collecte, le tri puis l’exposition de ces objets révèlent des pratiques coloniales et muséales à l’époque. Le rôle des différentes institutions impliquées dans la conservation et l’exposition de ces artefacts est ainsi révélateur des multiples impératifs, critères et cloisonnements qui structurèrent les usages de ces objets en métropole. Ce travail ne se limite pas à une approche du seul moment colonial de la biographie sociale de ce « trésor ». Il vise aussi à reconstruire son élaboration avant 1890 et ses significations vernaculaires, à la lumière des documentations locales et de ce que l’on peut dire des objets en tant que tel aujourd’hui. Ses réappropriations au fil des dernières décennies au Sénégal et au Mali sont aussi observées pour retrouver les histoires multiples et connectées que reflètent les parcours heurtés du « trésor de Ségou ». Ce faisant, cette étude illustre la nécessité de redonner leur histoire aux objets capturés lors des conquêtes coloniales car elle défie souvent les simplifications hâtives.Abrégé : When the expeditionary force led by Louis Archinard took the city of Segu (Mali) in April 1860, a large quantity of valuable objects was seized. It became known as “Ahmadu’s treasure”. An ad hoc commission was put in place in the following weeks to decide what to do with this loot. A variety of objects transported from Segu to Kayes in wooden crates were examined to be send to Paris, where they were supposed to end up in museums on the basis of their supposed artistic and ethnographic value. The collection was exhibited by various institutions. Its trajectory reflects the changing meanings assigned to these objects over the years. They finally disappeared from public sight to rest in the storage rooms of the Musée des Arts d’Afrique et d’Océanie. This article sets out to analyze what the looting, categorization and exhibition of these artifacts reveal about colonial and curatorial uses. The part played by institutions dealing with the display and conservation of the “treasure” reflects the imperatives, classifications and distinctions that framed the uses of these items. Exploring the social biography of these objects through the “colonial lens” would be a limited take on the many lives of “Ahmadu’s treasure”. This work thus sets out to examine its construction and local significations before 1890 with the help of what vernacular documentation survived and through an inspection of the jewels themselves. In doing so, it illustrates how imperative it is to historicize the itineraries of the artifacts displaced in the course of late 19th-century colonial expansion. They often defy hasty simplifications.
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Lors de la prise de Ségou (Mali actuel) en avril 1890, le corps expéditionnaire dirigé par Louis Archinard (1850-1932) saisit une grande quantité d’objets précieux et de livres appartenant à ce que l’on appelle alors le « trésor d’Ahmadou ». Assez rapidement, une commission fut mise en place pour décider du destin à donner aux différentes pièces collectées durant la campagne. Plusieurs caisses d’objets variés furent expertisées à l’époque, d’abord sur place. Artefacts et livres furent alors catégorisés, dispersés et classés en fonction de leur valeur artistique et ethnographique supposée. La collection fut exposée dans différentes institutions françaises en fonction des significations successives qu’on lui assigna, jusqu’à disparaître dans les réserves du Musée des Arts d’Afrique et d’Océanie. Cet article analyse ce que la collecte, le tri puis l’exposition de ces objets révèlent des pratiques coloniales et muséales à l’époque. Le rôle des différentes institutions impliquées dans la conservation et l’exposition de ces artefacts est ainsi révélateur des multiples impératifs, critères et cloisonnements qui structurèrent les usages de ces objets en métropole. Ce travail ne se limite pas à une approche du seul moment colonial de la biographie sociale de ce « trésor ». Il vise aussi à reconstruire son élaboration avant 1890 et ses significations vernaculaires, à la lumière des documentations locales et de ce que l’on peut dire des objets en tant que tel aujourd’hui. Ses réappropriations au fil des dernières décennies au Sénégal et au Mali sont aussi observées pour retrouver les histoires multiples et connectées que reflètent les parcours heurtés du « trésor de Ségou ». Ce faisant, cette étude illustre la nécessité de redonner leur histoire aux objets capturés lors des conquêtes coloniales car elle défie souvent les simplifications hâtives.

When the expeditionary force led by Louis Archinard took the city of Segu (Mali) in April 1860, a large quantity of valuable objects was seized. It became known as “Ahmadu’s treasure”. An ad hoc commission was put in place in the following weeks to decide what to do with this loot. A variety of objects transported from Segu to Kayes in wooden crates were examined to be send to Paris, where they were supposed to end up in museums on the basis of their supposed artistic and ethnographic value. The collection was exhibited by various institutions. Its trajectory reflects the changing meanings assigned to these objects over the years. They finally disappeared from public sight to rest in the storage rooms of the Musée des Arts d’Afrique et d’Océanie. This article sets out to analyze what the looting, categorization and exhibition of these artifacts reveal about colonial and curatorial uses. The part played by institutions dealing with the display and conservation of the “treasure” reflects the imperatives, classifications and distinctions that framed the uses of these items. Exploring the social biography of these objects through the “colonial lens” would be a limited take on the many lives of “Ahmadu’s treasure”. This work thus sets out to examine its construction and local significations before 1890 with the help of what vernacular documentation survived and through an inspection of the jewels themselves. In doing so, it illustrates how imperative it is to historicize the itineraries of the artifacts displaced in the course of late 19th-century colonial expansion. They often defy hasty simplifications.

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