Le communalisme comme répertoire démocratique
Type de matériel :
TexteLangue : français Détails de publication : 2026.
Sujet(s) : Ressources en ligne : Abrégé : Qu’est-ce que le « communalisme » et comment peut-il être compris comme un projet politique original ? Murray Bookchin est sans doute le défenseur le plus connu de ce projet au cours des dernières décennies. Partiellement inspiré par les expériences de la Commune de Paris de 1871, dont il a tiré l’expression « communalisme », Bookchin le présente comme une idéologie politique cohérente qui englobe « les composantes philosophiques, historiques, politiques et organisationnelles d’un socialisme pour le xxie siècle » (2015). Toutefois, cette définition semble impliquer que le « communalisme » est avant tout une idéologie démocratique cohérente, qui doit d’abord être théoriquement élaborée pour ensuite être mise en œuvre dans la pratique. Ce concept renvoie également à la figure du théoricien ou de la théoricienne politique comme quelqu’un qui prescrit, plutôt qu’il ou elle n’analyse ou ne décrit l’action politique. Nous proposons une autre interprétation du « communalisme », plus descriptive, que nous appelons « répertoire démocratique ». Au cours des cent cinquante dernières années, ce répertoire communaliste a évolué et s’est adapté à différents contextes culturels et politiques. Par conséquent, il a également acquis une série de significations et d’implications différentes au fil du temps. En appréhendant « la Commune » comme le signifiant clé d’un répertoire démocratique, nous comprenons mieux la manière dont elle a continué à façonner – et, à son tour, comment elle a été continuellement reconfigurée par – diverses pratiques et théories politiques entre 1871 et aujourd’hui.Abrégé : What is “communalism” and how can it be understood as a distinctive political project? Arguably, its most prominent advocate in recent decades has been Murray Bookchin. Partially inspired by the experiences of the 1871 Paris Commune, from which he derived the term “communalism,” Bookchin presents it as a coherent political ideology encompassing “the philosophical, historical, political, and organizational components of a socialism for the twenty-first century” (Bookchin 2015, 26). However, this seems to imply that “communalism” is primarily a coherent democratic ideology that must first be articulated in theory before being implemented in practice. It also connotes an image of the political theorist as someone who prescribes political action, rather than analyzing or describing it. We propose an alternative, more descriptive understanding of “communalism” as a “democratic repertoire.” In the course of the past 150 years, this communalist repertoire has moved between and adapted to various cultural and political contexts. As a result, it has also acquired a range of different meanings and implications over time. By reading “the Commune” as the key signifier of a democratic repertoire, we gain a clearer understanding of how it has shaped—and, in turn, been continually rearticulated by—various political practices and theories from 1871 to the present.
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Qu’est-ce que le « communalisme » et comment peut-il être compris comme un projet politique original ? Murray Bookchin est sans doute le défenseur le plus connu de ce projet au cours des dernières décennies. Partiellement inspiré par les expériences de la Commune de Paris de 1871, dont il a tiré l’expression « communalisme », Bookchin le présente comme une idéologie politique cohérente qui englobe « les composantes philosophiques, historiques, politiques et organisationnelles d’un socialisme pour le xxie siècle » (2015). Toutefois, cette définition semble impliquer que le « communalisme » est avant tout une idéologie démocratique cohérente, qui doit d’abord être théoriquement élaborée pour ensuite être mise en œuvre dans la pratique. Ce concept renvoie également à la figure du théoricien ou de la théoricienne politique comme quelqu’un qui prescrit, plutôt qu’il ou elle n’analyse ou ne décrit l’action politique. Nous proposons une autre interprétation du « communalisme », plus descriptive, que nous appelons « répertoire démocratique ». Au cours des cent cinquante dernières années, ce répertoire communaliste a évolué et s’est adapté à différents contextes culturels et politiques. Par conséquent, il a également acquis une série de significations et d’implications différentes au fil du temps. En appréhendant « la Commune » comme le signifiant clé d’un répertoire démocratique, nous comprenons mieux la manière dont elle a continué à façonner – et, à son tour, comment elle a été continuellement reconfigurée par – diverses pratiques et théories politiques entre 1871 et aujourd’hui.
What is “communalism” and how can it be understood as a distinctive political project? Arguably, its most prominent advocate in recent decades has been Murray Bookchin. Partially inspired by the experiences of the 1871 Paris Commune, from which he derived the term “communalism,” Bookchin presents it as a coherent political ideology encompassing “the philosophical, historical, political, and organizational components of a socialism for the twenty-first century” (Bookchin 2015, 26). However, this seems to imply that “communalism” is primarily a coherent democratic ideology that must first be articulated in theory before being implemented in practice. It also connotes an image of the political theorist as someone who prescribes political action, rather than analyzing or describing it. We propose an alternative, more descriptive understanding of “communalism” as a “democratic repertoire.” In the course of the past 150 years, this communalist repertoire has moved between and adapted to various cultural and political contexts. As a result, it has also acquired a range of different meanings and implications over time. By reading “the Commune” as the key signifier of a democratic repertoire, we gain a clearer understanding of how it has shaped—and, in turn, been continually rearticulated by—various political practices and theories from 1871 to the present.




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