Ampleur et effets de la dégradation du financement de l’enseignement supérieur de la Fédération Wallonie-Bruxelles
Type de matériel :
TexteLangue : français Détails de publication : 2021.
Sujet(s) : Ressources en ligne : Abrégé : Dans une première partie, nous analysons le financement de l’enseignement supérieur de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) en l’examinant sous l’angle des priorités budgétaires accordées aux divers niveaux d’enseignement. Sur la période 2000-2017, les moyens par étudiant alloués aux établissements d’enseignement supérieur ont été considérablement réduits (en termes réels) tandis qu’ils restaient stables pour le secondaire et croissaient fortement pour le fondamental. Nous montrons que ces évolutions ne résultent pas des différences quant aux mécanismes de financement (enveloppe fermée vs ouverte) mais qu’elles reflètent des arbitrages budgétaires, donc politiques. Nous montrons aussi qu’une politique budgétaire plus équilibrée eût été possible et soutenable. Dans une seconde partie, nous procédons à des comparaisons internationales avec les principaux pays d’Europe de l’Ouest. Il en ressort que, en termes de moyens par étudiant, la FWB est (quasi) lanterne rouge pour l’enseignement supérieur alors qu’elle figure sur le podium de tête pour l’enseignement obligatoire. Le « sous-financement » systématique de l’enseignement supérieur de la FWB a entraîné une sévère dégradation des conditions d’encadrement des étudiants, à présent les plus défavorables d’Europe, dont les étudiants les plus fragiles sont les principales victimes. Faute d’un refinancement structurel suffisant, on ne pourra éviter les pistes d’une augmentation des droits d’inscription et/ou d’une sélection à l’entrée.Abrégé : In the first part, we examine the funding of higher education in the Wallonia-Brussels Federation (FWB) by looking at it from the perspective of the budgetary priorities granted to the various levels of education. Over the period 2000-2017, the means per student allocated to higher education institutions have been considerably reduced (in real terms) while they remained stable for secondary education and grew strongly for fundamental education. We show that these evolutions are not the result of differences in financing mechanisms (closed vs. open envelope) but reflect budgetary, and therefore political, trade-offs. We also show that a more balanced fiscal policy would have been possible and sustainable. In the second part, we make international comparisons with the main Western European countries. It emerges that, in terms of resources per student, the FWB is (almost) the red lantern for higher education, whereas it is on the top podium for compulsory education. The systematic "underfunding" of the FWB’s higher education has led to a severe deterioration in the conditions of supervision of students, now the most unfavourable in Europe, of which the most fragile students are the main victims. In the absence of sufficient structural refinancing, it will be impossible to avoid the possibility of increasing tuition fees and/or selection on entry.
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Dans une première partie, nous analysons le financement de l’enseignement supérieur de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) en l’examinant sous l’angle des priorités budgétaires accordées aux divers niveaux d’enseignement. Sur la période 2000-2017, les moyens par étudiant alloués aux établissements d’enseignement supérieur ont été considérablement réduits (en termes réels) tandis qu’ils restaient stables pour le secondaire et croissaient fortement pour le fondamental. Nous montrons que ces évolutions ne résultent pas des différences quant aux mécanismes de financement (enveloppe fermée vs ouverte) mais qu’elles reflètent des arbitrages budgétaires, donc politiques. Nous montrons aussi qu’une politique budgétaire plus équilibrée eût été possible et soutenable. Dans une seconde partie, nous procédons à des comparaisons internationales avec les principaux pays d’Europe de l’Ouest. Il en ressort que, en termes de moyens par étudiant, la FWB est (quasi) lanterne rouge pour l’enseignement supérieur alors qu’elle figure sur le podium de tête pour l’enseignement obligatoire. Le « sous-financement » systématique de l’enseignement supérieur de la FWB a entraîné une sévère dégradation des conditions d’encadrement des étudiants, à présent les plus défavorables d’Europe, dont les étudiants les plus fragiles sont les principales victimes. Faute d’un refinancement structurel suffisant, on ne pourra éviter les pistes d’une augmentation des droits d’inscription et/ou d’une sélection à l’entrée.
In the first part, we examine the funding of higher education in the Wallonia-Brussels Federation (FWB) by looking at it from the perspective of the budgetary priorities granted to the various levels of education. Over the period 2000-2017, the means per student allocated to higher education institutions have been considerably reduced (in real terms) while they remained stable for secondary education and grew strongly for fundamental education. We show that these evolutions are not the result of differences in financing mechanisms (closed vs. open envelope) but reflect budgetary, and therefore political, trade-offs. We also show that a more balanced fiscal policy would have been possible and sustainable. In the second part, we make international comparisons with the main Western European countries. It emerges that, in terms of resources per student, the FWB is (almost) the red lantern for higher education, whereas it is on the top podium for compulsory education. The systematic "underfunding" of the FWB’s higher education has led to a severe deterioration in the conditions of supervision of students, now the most unfavourable in Europe, of which the most fragile students are the main victims. In the absence of sufficient structural refinancing, it will be impossible to avoid the possibility of increasing tuition fees and/or selection on entry.




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