Image de Google Jackets
Vue normale Vue MARC vue ISBD

Quand des décisions touchent à l'autonomie des personnes : quelle place pour les médecins généralistes ?

Par : Type de matériel : TexteTexteLangue : français Détails de publication : 2014. Ressources en ligne : Abrégé : Les pathologies psychiques, parce qu’elles mettent en doute à la fois les capacités des personnes et leurs aptitudes à les évaluer par elles-mêmes, amènent parfois l’entourage à se poser la question de l’entrée en établissement ou de l’arrêt de la conduite automobile, remaniant ainsi profondément le mode de vie des personnes et, plus largement, leur statut d’individus autonomes. Ces pathologies font donc émerger des interrogations difficiles dans les familles où des points de vue peuvent s’opposer entre patients et entourages. Les médecins généralistes sont sollicités, car de telles décisions supposent d’abord une évaluation médicale des aptitudes des personnes, mais aussi parce qu’elles impliquent un point de vue moral sur la légitimité à dessaisir la personne de son autonomie. Ils sont ainsi sollicités à un double niveau d’expertise technique et d’autorité morale pour la construction et la légitimation de ces décisions. Comment les médecins prennent-ils place dans ces processus décisionnels complexes ? À partir de 22 entretiens de médecins généralistes, nous présenterons trois grands types de situations. Des médecins reconnus aux deux niveaux de l’expertise technique et de l’autorité morale peuvent bénéficier d’une grande autonomie décisionnelle. Mais des divergences avec les familles peuvent survenir et ces médecins sont alors peu enclins à négocier des décisions. D’autres, à l’inverse, privilégient des décisions négociées, tentent de les mettre en débat dans le groupe en refusant d’en être les principaux opérateurs. Un troisième type de situations montre des cas rares, mais difficiles, d’isolement de patients atteints de troubles psychiques et qui refusent toutes les démarches de leurs médecins. C’est alors l’attente paradoxale d’un accident de santé et l’urgence ainsi produite qui rendent possible des décisions.Abrégé : When decisions affect people’s independence: what role should general practitioners play? Because mental illness casts doubt on both a person’s capacities and their ability to assess those capacities for themselves, can lead the family to consider institutionalisation or stopping the person from driving, thus profoundly reorganising their lifestyle and, more broadly, their status as independent adults. Mental illness thus raises difficult questions in families, where the viewpoints of patients and their families can clash. People turn to general practitioners, firstly because these decisions require a medical assessment of the person’s capacities, and secondly because they imply a moral viewpoint on the legitimacy of taking the person’s independence away. GPs are thus asked to intervene in two capacities : for a scientific opinion and for the moral authority to formulate and legitimise these decisions. How do doctors position themselves in these complex decision-making processes ? Based on 22 interviews with GPs, three main types of situation are presented. In the first type, doctors who are acknowledged for both their technical expertise and moral authority enjoy considerable freedom to take decisions. However, when divergences with the families occur, these doctors are reluctant to negotiate decisions. By contrast, doctors in the second type of situation prefer negotiated decisions, seek to discuss them in a group, and refuse to be the main decision-makers. A third type of situation covers rare but difficult cases of isolated patients with mental illness who refuse all of their doctors’ approaches. In this type of situation, paradoxically it is the expectation of an accident and the resulting emergency that make decisions possible.
Tags de cette bibliothèque : Pas de tags pour ce titre. Connectez-vous pour ajouter des tags.
Evaluations
    Classement moyen : 0.0 (0 votes)
Nous n'avons pas d'exemplaire de ce document

68

Les pathologies psychiques, parce qu’elles mettent en doute à la fois les capacités des personnes et leurs aptitudes à les évaluer par elles-mêmes, amènent parfois l’entourage à se poser la question de l’entrée en établissement ou de l’arrêt de la conduite automobile, remaniant ainsi profondément le mode de vie des personnes et, plus largement, leur statut d’individus autonomes. Ces pathologies font donc émerger des interrogations difficiles dans les familles où des points de vue peuvent s’opposer entre patients et entourages. Les médecins généralistes sont sollicités, car de telles décisions supposent d’abord une évaluation médicale des aptitudes des personnes, mais aussi parce qu’elles impliquent un point de vue moral sur la légitimité à dessaisir la personne de son autonomie. Ils sont ainsi sollicités à un double niveau d’expertise technique et d’autorité morale pour la construction et la légitimation de ces décisions. Comment les médecins prennent-ils place dans ces processus décisionnels complexes ? À partir de 22 entretiens de médecins généralistes, nous présenterons trois grands types de situations. Des médecins reconnus aux deux niveaux de l’expertise technique et de l’autorité morale peuvent bénéficier d’une grande autonomie décisionnelle. Mais des divergences avec les familles peuvent survenir et ces médecins sont alors peu enclins à négocier des décisions. D’autres, à l’inverse, privilégient des décisions négociées, tentent de les mettre en débat dans le groupe en refusant d’en être les principaux opérateurs. Un troisième type de situations montre des cas rares, mais difficiles, d’isolement de patients atteints de troubles psychiques et qui refusent toutes les démarches de leurs médecins. C’est alors l’attente paradoxale d’un accident de santé et l’urgence ainsi produite qui rendent possible des décisions.

When decisions affect people’s independence: what role should general practitioners play? Because mental illness casts doubt on both a person’s capacities and their ability to assess those capacities for themselves, can lead the family to consider institutionalisation or stopping the person from driving, thus profoundly reorganising their lifestyle and, more broadly, their status as independent adults. Mental illness thus raises difficult questions in families, where the viewpoints of patients and their families can clash. People turn to general practitioners, firstly because these decisions require a medical assessment of the person’s capacities, and secondly because they imply a moral viewpoint on the legitimacy of taking the person’s independence away. GPs are thus asked to intervene in two capacities : for a scientific opinion and for the moral authority to formulate and legitimise these decisions. How do doctors position themselves in these complex decision-making processes ? Based on 22 interviews with GPs, three main types of situation are presented. In the first type, doctors who are acknowledged for both their technical expertise and moral authority enjoy considerable freedom to take decisions. However, when divergences with the families occur, these doctors are reluctant to negotiate decisions. By contrast, doctors in the second type of situation prefer negotiated decisions, seek to discuss them in a group, and refuse to be the main decision-makers. A third type of situation covers rare but difficult cases of isolated patients with mental illness who refuse all of their doctors’ approaches. In this type of situation, paradoxically it is the expectation of an accident and the resulting emergency that make decisions possible.

PLUDOC

PLUDOC est la plateforme unique et centralisée de gestion des bibliothèques physiques et numériques de Guinée administré par le CEDUST. Elle est la plus grande base de données de ressources documentaires pour les Étudiants, Enseignants chercheurs et Chercheurs de Guinée.

Adresse

627 919 101/664 919 101

25 boulevard du commerce
Kaloum, Conakry, Guinée

Réseaux sociaux

Powered by Netsen Group @ 2025