Les théories du complot comme connaissance stigmatisée
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La plupart des théories du complot appartiennent au domaine du « savoir stigmatisé » – c’est à dire des savoirs qui n’ont pas été acceptés par les institutions auxquelles nous faisons confiance pour dire le vrai. Il n’est pas rare que ceux qui adhèrent aux théories du complot acceptent également d’autres formes de savoirs stigmatisés, telles les médecines alternatives et les croyances à l’Atlantide ou aux OVNIS. Le rejet des autorités est pour eux un signe de la véracité d’une croyance. Cependant, le lien des théories du complot au savoir stigmatisé s’est affaibli parce que la notion de savoir stigmatisé elle-même devient plus problématique. Ce qui était hier clairement identifié comme « marginal » commence maintenant à se fondre dans le courant dominant. Ce processus d’« intégration des marges » est la conséquence de nombreux facteurs, y compris l’ubiquité de l’Internet, le soupçon croissant envers l’autorité et la diffusion de thèmes hier ésotériques dans la culture populaire. Seule une membrane perméable sépare maintenant les marges du courant dominant. Ainsi le conspirationnisme n’est plus le domaine de petits cénacles isolés. Il a maintenant le pouvoir d’atteindre l’opinion publique. Évidemment, ceci ne s’applique pas à toutes les théories, cependant ceci arrive assez souvent pour suggérer que nous nous trouvons dans une période importante de transition. Aux États-Unis, la controverse récente sur l’existence d’un complot destiné à dissimuler la naissance étrangère supposée du Président Obama – assertion qui voici quelques années n’aurait jamais émergé au-delà de quelques petits groupes extrémistes – suggère la nature de ce changement. Cette controverse indique également les dangers à venir pour les cultures politiques.
Most conspiracy theories exist as part of “stigmatized knowledge” – that is, knowledge claims that have not been accepted by those institutions we rely upon for truth validation. Not uncommonly, believers in conspiracy theories also accept other forms of stigmatized knowledge, such as unorthodox forms of healing and beliefs about Atlantis and UFOs. Rejection by authorities is for them a sign that a belief must be true. However, the linkage of conspiracy theories with stigmatized knowledge has been weakening, because stigmatized knowledge itself is growing more problematic. What was once clearly recognizable as “the fringe” is now beginning to merge with the mainstream. This process of “mainstreaming the fringe” is the result of numerous factors, including the ubiquity of the Internet, the growing suspicion of authority, and the spread of once esoteric themes in popular culture. Only a permeable membrane now separates the fringe from the mainstream. Thus conspiracism is no longer the province only of small, isolated coteries. It now has the potential to make the leap into public discourse. This, of course, does not apply to every conspiracy theory, but it happens enough to suggest that we are at an important transition point. The recent controversy in the United States over whether a conspiracy existed to hide President Obama’s alleged foreign birth – a claim that years earlier would never have emerged beyond small radical groups – suggests the nature of the change. It also suggests the dangers that political cultures may face in the future.
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