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041 _afre
042 _adc
100 1 0 _aMorel, Alain
_eauthor
245 0 0 _aL’addictologie dans l’impasse des neurosciences : comment en sortir ?
260 _c2026.
500 _a15
520 _aCet article fait suite, vingt ans après, à un précédent paru dans Psychotropes lors de la création de l’addictologie en France, à l’orée du XXIe siècle. Un processus inédit en ce qu’il devait s’inventer en respectant la pluralité des acteurs déjà engagés dans les soins des personnes en situation d’addiction : médecine de ville, centres médico-sociaux et hôpitaux. La Fédération Française d’Addictologie a vu le jour au même moment pour mettre en place un cadre garant d’un dialogue équitable autour d’un modèle transdisciplinaire bio-psycho-social unifiant les différentes composantes : alcoologie, intervention en toxicomanie et tabacologie. Mais les enjeux de pouvoir croissant sur un domaine aussi récent et politique ont ouvert la porte à un basculement de l’addictologie sous la domination unique de la psychiatrie neurobiologique. Comme la santé mentale, l’addictologie se retrouve depuis dans l’impasse réductionniste des neurosciences qui individualise, pathologise et confisque le pouvoir d’agir des personnes usagères et de la société. Et qui, en adéquation avec le discours néo-libéral, invisibilise les déterminants sociaux pourtant les plus influents dans les processus de dépendance et de perte de contrôle. L’abandon de la dynamique de coopération associant les savoirs pour mieux comprendre et intervenir avec les personnes usagères a pour conséquence de réduire les soins à l’usage de médicaments, de creuser les divisions entre l’addictologie sociale et l’addictologie neurobiologique, et de diminuer les chances des personnes concernées. Pour sortir de cette impasse, des propositions sont faites par l’auteur afin d’inscrire l’addictologie dans une politique de santé mentale intégrative, centrée sur les déterminants sociaux, pour établir de nouveaux liens entre acteurs de proximité et coordonner un dispositif et des politiques en mesure de mobiliser sur les territoires les populations pour la santé globale, l’éducation préventive, l’intervention précoce et la réduction des risques.
520 _aThis article follows on from a previous article published in Psychotropes twenty years ago, at the turn of the twenty-first century, when addiction studies was first established in France. It was an unprecedented process in that it had to be invented while respecting the plurality of actors already involved in the care of people with addiction: general practitioners, medico-social centers, and hospitals. The French Federation of Addictology was created at the same time to establish a framework that would guarantee fair dialogue around a transdisciplinary biopsychosocial model unifying the various components: alcoholism, drug addiction intervention, and tobacco addiction. However, the growing power struggles in such a recent and political field have opened the door to a shift in addiction studies toward the sole domination of neurobiological psychiatry. Like mental health, addiction studies has since found itself in the reductionist impasse of neuroscience, which individualizes, pathologizes, and confiscates the power to act from users and society. And which, in line with neoliberal discourse, renders invisible the social determinants that are nevertheless the most influential in the processes of dependence and loss of control. Abandoning the dynamic of cooperation that combines knowledge to better understand and intervene with users results in reducing care to the use of medication, widening the divide between social addiction and neurobiological addiction, and diminishing the chances of those affected. To break this deadlock, the author makes proposals to incorporate addiction into an integrative mental health policy focused on social determinants, to establish new links between local actors, and to coordinate a system and policies capable of mobilizing local populations for overall health, preventive education, early intervention, and harm reduction.
690 _aaddictologie
690 _adéterminants sociaux
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690 _alutte contre la stigmatisation
690 _aneurosciences
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690 _aprevention
690 _asocial determinants
690 _atransdisciplinarity
786 0 _nPsychotropes | 32 | 1-2 | 2026-03-16 | p. 69-101 | 1245-2092
856 4 1 _uhttps://shs.cairn.info/revue-psychotropes-2026-1-2-page-69?lang=fr&redirect-ssocas=7080
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