Sorcellerie des femmes âgées et mobilisations citoyennes au Burkina Faso
Type de matériel :
TexteLangue : français Détails de publication : 2023.
Sujet(s) : Ressources en ligne : Abrégé : Au Burkina Faso, plusieurs centaines de personnes dont une majorité de femmes sont accusées de sorcellerie et subissent des actions de violence de la part des autres citoyens. Les survivantes à la violence sont exclues de leur communauté d’origine. Face à ces multiples formes de maltraitance, implicitement intégrées aux traditions et coutumes, plusieurs acteurs vont se positionner pour lutter contre ce phénomène. Pionnière de cette mobilisation sociale et politique, l’Église catholique a été l’initiatrice des centres d’accueil et poursuit son engagement à travers les dénonciations publiques formulées par les membres du clergé. Au fil du temps, d’autres acteurs de la société civile sont venus se joindre à la lutte. L’État est intervenu en produisant des politiques publiques en faveur de la lutte contre la violence associée à la sorcellerie. Ce faisant, plusieurs lois ont été adoptées par l’État pour accompagner la mise en œuvre de ces politiques. L’écart entre les dispositifs normatifs et les pratiques des acteurs administratifs a amené l’État à recourir aux chefs traditionnels pour promouvoir des changements. Les tensions apparaissent entre les prises de position publiques des élites coutumières et leurs représentants dans les communautés villageoises, qui observent passivement l’exclusion des victimes de leurs territoires de responsabilité.Abrégé : In Burkina Faso, several hundred people, the majority being women, have been accused of witchcraft and mistreated by other citizens. Survivors of violence are excluded from their communities of origin. In the face of the multiple forms of abuse, embedded in traditions and customs, numerous actors have decided to take a stand against this phenomenon. The Catholic Church, a pioneer in this social and political mobilization, instigated setting up shelters and continues its work through public denunciations expressed by members of the clergy. Over time, other civil society actors have joined the fight. The state has consequently been pushed to intervene and has introduced public policies in favor of the fight against violence associated with witchcraft. At the same time, several laws have been passed to promote the implementation of these policies. The gap between the normative mechanisms and the practices of administrative actors has led the state to resort to traditional chieftaincy. Tensions have arisen between the public stance taken by customary elites and their representatives in village communities who passively observe the exclusion of victims from the territory for which they are responsible.
87
Au Burkina Faso, plusieurs centaines de personnes dont une majorité de femmes sont accusées de sorcellerie et subissent des actions de violence de la part des autres citoyens. Les survivantes à la violence sont exclues de leur communauté d’origine. Face à ces multiples formes de maltraitance, implicitement intégrées aux traditions et coutumes, plusieurs acteurs vont se positionner pour lutter contre ce phénomène. Pionnière de cette mobilisation sociale et politique, l’Église catholique a été l’initiatrice des centres d’accueil et poursuit son engagement à travers les dénonciations publiques formulées par les membres du clergé. Au fil du temps, d’autres acteurs de la société civile sont venus se joindre à la lutte. L’État est intervenu en produisant des politiques publiques en faveur de la lutte contre la violence associée à la sorcellerie. Ce faisant, plusieurs lois ont été adoptées par l’État pour accompagner la mise en œuvre de ces politiques. L’écart entre les dispositifs normatifs et les pratiques des acteurs administratifs a amené l’État à recourir aux chefs traditionnels pour promouvoir des changements. Les tensions apparaissent entre les prises de position publiques des élites coutumières et leurs représentants dans les communautés villageoises, qui observent passivement l’exclusion des victimes de leurs territoires de responsabilité.
In Burkina Faso, several hundred people, the majority being women, have been accused of witchcraft and mistreated by other citizens. Survivors of violence are excluded from their communities of origin. In the face of the multiple forms of abuse, embedded in traditions and customs, numerous actors have decided to take a stand against this phenomenon. The Catholic Church, a pioneer in this social and political mobilization, instigated setting up shelters and continues its work through public denunciations expressed by members of the clergy. Over time, other civil society actors have joined the fight. The state has consequently been pushed to intervene and has introduced public policies in favor of the fight against violence associated with witchcraft. At the same time, several laws have been passed to promote the implementation of these policies. The gap between the normative mechanisms and the practices of administrative actors has led the state to resort to traditional chieftaincy. Tensions have arisen between the public stance taken by customary elites and their representatives in village communities who passively observe the exclusion of victims from the territory for which they are responsible.




Réseaux sociaux