L’ambiguïté agroécologique. Dépolitisation, luttes symboliques et continuité productiviste dans l’écologisation agricole
Type de matériel :
TexteLangue : français Détails de publication : 2026.
Sujet(s) : Ressources en ligne : Abrégé : L’écologisation des pratiques agricoles se décline selon des voies multiples et concurrentielles qui redéfinissent aujourd’hui l’opposition binaire entre agriculture conventionnelle et agriculture biologique héritée de la critique de la modernisation agricole. Depuis l’institutionnalisation de l’agroécologie en France, des formes d’écologisation hybrides sont de plus en plus souvent articulées à des logiques de productivité et de performance économiques, soulevant de multiples interrogations. Face à ce nouvel « espace des possibles agroécologiques », comment les agriculteurs et agricultrices s’approprient-ils les exigences d’écologisation de leurs pratiques ? Comment se positionnent-ils, au sein de l’agriculture biologique et par-delà, face à la pluralisation des modèles de production revendiquant des vertus environnementales ? Dans quelle mesure l’élargissement de l’espace des acteurs habilités à définir ce qui incarnerait la forme d’agriculture écologisée la plus légitime remet-il en question la hiérarchisation antérieure de cet espace, où l’agriculture biologique occupait la position dominante ? Mobilisant un important matériau empirique issu de méthodes mixtes (questionnaire, entretiens), cet article montre comment ces appropriations et redéfinitions participent à des processus croisés de politisation et de dépolitisation des enjeux agricoles et environnementaux.Abrégé : The greening of agricultural practices is taking place in multiple and competing ways that are redefining the binary opposition between conventional and organic farming inherited from the critique of agricultural modernisation. Since the institutionalisation of agroecology in France, hybrid forms of greening are increasingly linked to productivity and economic performance, raising many questions. Faced with this new ‘space of agroecological possibilities’, how are farmers appropriating the demands for greening their practices? How are they positioning themselves, within organic agriculture and beyond, in the face of the pluralisation of production models claiming environmental virtues? To what extent does the expansion of the space of actors empowered to define what constitutes the most legitimate form of green agriculture challenge the previous hierarchy of this space, where organic farming occupied the dominant position? Drawing on a wealth of empirical data obtained using mixed methods (questionnaires, interviews), this article shows how these appropriations and redefinitions contribute to the intertwined processes of politicisation and depoliticisation of agricultural and environmental issues.
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L’écologisation des pratiques agricoles se décline selon des voies multiples et concurrentielles qui redéfinissent aujourd’hui l’opposition binaire entre agriculture conventionnelle et agriculture biologique héritée de la critique de la modernisation agricole. Depuis l’institutionnalisation de l’agroécologie en France, des formes d’écologisation hybrides sont de plus en plus souvent articulées à des logiques de productivité et de performance économiques, soulevant de multiples interrogations. Face à ce nouvel « espace des possibles agroécologiques », comment les agriculteurs et agricultrices s’approprient-ils les exigences d’écologisation de leurs pratiques ? Comment se positionnent-ils, au sein de l’agriculture biologique et par-delà, face à la pluralisation des modèles de production revendiquant des vertus environnementales ? Dans quelle mesure l’élargissement de l’espace des acteurs habilités à définir ce qui incarnerait la forme d’agriculture écologisée la plus légitime remet-il en question la hiérarchisation antérieure de cet espace, où l’agriculture biologique occupait la position dominante ? Mobilisant un important matériau empirique issu de méthodes mixtes (questionnaire, entretiens), cet article montre comment ces appropriations et redéfinitions participent à des processus croisés de politisation et de dépolitisation des enjeux agricoles et environnementaux.
The greening of agricultural practices is taking place in multiple and competing ways that are redefining the binary opposition between conventional and organic farming inherited from the critique of agricultural modernisation. Since the institutionalisation of agroecology in France, hybrid forms of greening are increasingly linked to productivity and economic performance, raising many questions. Faced with this new ‘space of agroecological possibilities’, how are farmers appropriating the demands for greening their practices? How are they positioning themselves, within organic agriculture and beyond, in the face of the pluralisation of production models claiming environmental virtues? To what extent does the expansion of the space of actors empowered to define what constitutes the most legitimate form of green agriculture challenge the previous hierarchy of this space, where organic farming occupied the dominant position? Drawing on a wealth of empirical data obtained using mixed methods (questionnaires, interviews), this article shows how these appropriations and redefinitions contribute to the intertwined processes of politicisation and depoliticisation of agricultural and environmental issues.




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