La « seconde révolution darwinienne »
Type de matériel :
- instincts sociaux
- spencérisme
- ruban de Möbius
- Wallace
- morale
- sélection naturelle
- Darwin
- nature/culture
- civilisation
- Anthropologie darwinienne
- « darwinisme social »
- écologie
- eugénisme
- matérialisme
- seconde révolution darwinienne
- effet réversif de l’évolution
- eugenics
- second Darwinian revolution
- Wallace
- Darwin
- “social Darwinism”
- nature/culture
- natural selection
- social instincts
- ecology
- Darwinian anthropology
- Spencer
- Morality
- reversive effect of Evolution
- Mobius strip
- civilization
- materialism
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En transformant suivant ses besoins un milieu primitivement hostile en adjuvant de survie, l’Homme, par la civilisation, s’est largement affranchi de la sélection naturelle. Plus profondément, la sélection des instincts sociaux, en elle-même propice à l’accroissement des capacités rationnelles, a favorisé l’organisation communautaire, la coopération, la généralisation des conduites solidaires, l’intensification des sentiments affectifs, ainsi que l’extension progressive du sentiment de sympathie, de la morale, du droit, de la protection des faibles et de la reconnaissance de l’autre comme semblable. Accomplissant le devoir – qu’imposait la première révolution introduite dans la science du vivant par L’Origine des espèces – d’inscrire clairement l’espèce humaine dans la série animale, La Filiation de l’Homme et la sélection liée au sexe remplit simultanément, en 1871, l’obligation de définir à son propos le mécanisme qui effectue son passage dans la civilisation : par la voie des instincts sociaux, la sélection naturelle sélectionne la civilisation, qui s’oppose à la sélection naturelle. C’est cet effet réversif de l’évolution, auquel Patrick Tort a pédagogiquement attaché la métaphore topologique du ruban de Möbius, qui permet aujourd’hui de penser la seconde révolution opérée par Darwin anthropologue comme un renversement sans rupture, permettant enfin une intelligence non réductrice des relations entre les sciences naturelles et les sciences sociales.
While transforming according to his needs a primitive hostile environment into adjuvant survival, the Man, by the way of civilization, has freed himself from natural selection. More deeply, social instincts selection, which promotes per se the increase of rational capacities, has favored community-based organization, cooperation, generalization of solidarity, intensification of emotional feelings, as well as the progressive extension of sympathy, morality, law, protection of the weak and recognition of others as similar beings. Fulfilling the duty – imposed by the first revolution introduced into the science of life by the Origin of species – to clearly inscribe the human species in the animal series, The Descent of Man and Selection in relation to Sex simultaneously fills, in 1871, the obligation to define with regard to it the mechanism which achieves its passage in civilization : by the way of social instincts, natural selection selects civilization, which opposes natural selection. This reversive effect of evolution, to which Patrick Tort has pedagogically attached the topological metaphor of the Mobius strip, today allows to consider the second revolution operated by Darwin anthropologist as a reversal without rupture. Finally, it enables a non-reductionist understanding of the relations between the natural and social sciences.
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